Mirement/La Ménagerie — 2021

L’œuvre Mirement/La Ménagerie prend la forme d’une installation vidéo à trois champs. Le projet s’appuie sur une recherche autour de collections muséales d’histoire naturelle et de sites patrimoniaux, pour mieux explorer certaines questions pressantes liées à l’effondrement de la biodiversité et à la crise climatique. Pour ce faire, l’œuvre met en parallèle deux types de phénomènes : celui, récent, de l’implantation en sol britannique de nouvelles espèces d’oiseaux venues du Sud et celui, historique, de l’avènement des ménageries dans l’Angleterre coloniale des 17e et 18e siècles.

Mirement/La Ménagerie explore les collections de spécimens d’oiseaux et d’illustrations du Musée d’histoire naturelle (anciennement partie intégrante du British Museum, une institution majeure issue de la période coloniale britannique) ainsi que certains jardins et bâtiments patrimoniaux (surtout ceux de la période Stuart) de la grande région de Londres, du Warwickshire et de l’Hertfordshire ayant un jour compté une ménagerie. Bien que la présence attestée d’espèces animales exotiques en Angleterre remonte au 13e siècle, c’est surtout à la suite de l’installation de colonies à l’étranger que la classe dirigeante anglaise a développé son goût pour les ménageries, signe distinctif de pouvoir et de richesse. Au sein de l’œuvre, spécimens d’oiseaux, représentations picturales et sites architecturaux sont associés de façon à penser la perte de la biodiversité en relation au colonialisme. Les îles Britanniques constituent d’ailleurs un site crucial pour le passage vers le nord des oiseaux et un important lieu de nidification pour un grand nombre d’espèces migratrices africaines et européennes – dont l’aire de répartition est en pleine mutation avec les changements climatiques et les pratiques de l’agriculture intensive.

Cette recherche fait partie d’un cycle plus vaste intitulé Mirement/Towering, un terme de marine désignant un effet de réfraction qui fait paraître un objet plus haut qu’il ne l’est réellement. Mirement/Towering interroge la conception du monde vivant héritée de la modernité : un monde vivant décontextualisé, simplifié et exploitable. À travers une documentation de certains modes d’appréhension et de connaissance du vivant issus de la modernité, tel le jardin, la ménagerie et la collection muséale d’histoire naturelle, Geneviève Chevalier explore librement la possibilité de nouveaux usages susceptibles de mener à une vision autre du monde vivant. L’herbier et la collection d’oiseaux y sont par exemple envisagés en tant que bases de données activées et recontextualisées par une activité de recherche empirique que teinte le phénomène de l’effondrement de la biodiversité.

 

Vidéo / Video

Produit et réalisé par / Produced and directed by: Geneviève Chevalier

Caméra: Geneviève Chevalier

Montage / Editing: Geneviève Chevalier, Alexis Landriault

Étalonnage / Colour Correction: Alexis Landriault

Conception et montage sonore / Sound Design and Editing: Bruno Pucella

Mastering audio / Audio Mastering: Bruno Pucella

 

Remerciements / Special Thanks

Conseil des arts du Canada

Conseil des arts et des lettres du Québec, programme de résidence d’artistes

Alex Bond, Senior Curator in Charge, Birds, Museum of Natural History at Tring

Library and Archives, Museum of Natural History

Packwood House

Main Film

 

Towering/The Menagerie — 2021

The three-channel video installation Towering/The Menagerie focuses on natural history museum collections and heritage sites, to better explore some pressing issues related to the phenomenon of biodiversity loss and the climate crisis. To do so, the work parallels two types of events: the recent introduction of new bird species from the South to the UK and the historical development of menageries in colonial England in the 17th and 18th centuries.

In particular, Towering/The Menagerie explores the collections of bird specimens and illustrations of the Natural History Museum (formerly part of the British Museum, a major institution of the British colonial period) as well as some of the gardens and heritage buildings (especially those of the Stuart period) in the greater London area, Warwickshire and Hertfordshire that once housed a menagerie. Although the documented presence of exotic animal species in England dates back to the 13th century, it was primarily as a result of the settlement of colonies abroad that the English ruling class developed a taste for menageries as a sign of power and wealth. Within the work, bird specimens, pictorial representations and architectural sites are combined in order to consider the loss of biodiversity in relation to colonialism. The British Isles are a crucial site for the northward passage of birds and an important nesting ground for many African and European migratory species – whose distribution is changing with climate change and intensive agricultural practices.

This research is part of a broader initiative entitled Mirement/Towering, a sailing term referring to the refraction effect that causes distant objects to appear more vertically elongated than they are. Mirement/Towering questions the notions of the living world inherited from the modern era: a world decontextualized, simplified and there to be exploited. Artist Geneviève Chevalier documents certain forms of the modernist conception and knowledge of the natural world such as the garden, the menagerie and the natural history museum collection, then reframes them to suggest other possible interpretations — for example, envisioning the herbarium and avian collection as active databases, recontextualized through empirical research coloured by the phenomenon of biodiversity loss.